Illustration Les mots crachés se tiennent debout

Les mots crachés se tiennent debout

L’exposition s’inscrit dans le projet utopique Tanaland d’Auriane Preud’homme mené avec...
Concert
Exposition
Conte, lecture, poésie
Les mots crachés se tiennent debout
Auriane Preud’homme
27.11.2025 – 14.02.2025
Vernissage 27.11.2025 17:00-19:00

TANA.
TA-NA.
T-A-N-A.
Deux consonnes, une double voyelle, presque tendres, qui glissent sur la langue comme un bonbon. « Tana » a des sonorités faussement douces, choisi par certains jeunes hommes sur les réseaux sociaux pour contourner la censure d’une insulte plus
... rocailleuse. Une femme se maquille : c’est une tana. Une femme parle fort, montre ses formes : encore une tana. Tous les prétextes sont bons pour réduire et rabaisser toute femme qui ose exister en ligne.
Comme souvent avec les mots d’argot, l’origine de tana se dérobe. Certains la situent dans le département de l’Essonne, pourvoyeur intarissable de néologismes et berceau du rappeur Niska, qui a popularisé le terme dans ses morceaux. D’autres y entendent un écho de l’italien puttana, ou encore une référence détournée — par aphérèse1 — à Ana Montana (de son vrai nom Analicia Chaves), mannequin et vixen2 populaire dans le rap des années 2010.
Quoi qu’il en soit, c’est par la musique, puis par les réseaux, que le mot s’est propagé, jusqu’à envahir, en 2024, les commentaires des vidéos de jeunes femmes. Le réflexe misogyne devient tel qu’une TikTokeuse, Salématou Bah (@hadja\_bh2), choisit de se le réapproprier. Dans une vidéo humoristique devenue virale, elle met en scène son départ pour un pays fictif : Tanaland, exprimant ainsi son agacement face aux insultes sexistes et misogynes sur internet. De ce geste d’humour et de résistance naît une trend sur les réseaux : d’autres femmes rejoignent à leur tour Tanaland, proposant leurs visions personnelles et inventives de ce territoire imaginaire où les femmes peuvent s’exprimer loin du regard masculin.
Cette fiction collective est le point de départ de la vidéo Tanaland d’Auriane Preud’homme, réalisée dans le cadre de sa résidence à la Villa du Parc à Annemasse au printemps-été 2025. Après la performance Les papelardes (2025)3, où l’artiste imag...
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